Deux machines, deux usages
La pompe à chaleur air/eau remplace la chaudière. Elle chauffe l’eau qui circule dans vos radiateurs ou votre plancher chauffant, et produit le plus souvent l’eau chaude sanitaire. C’est la solution de chauffage central.
La pompe à chaleur air/air souffle de l’air chauffé ou rafraîchi, pièce par pièce. C’est techniquement une climatisation réversible. Elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire et ne se raccorde pas aux radiateurs existants.
Les aides ne les traitent pas pareil
En parcours par geste, MaPrimeRénov’ finance la pompe à chaleur air/eau à hauteur de 5 000 €, 4 000 € ou 3 000 € selon vos revenus, et la géothermie jusqu’à 11 000 €. La pompe à chaleur air/air ne figure pas dans la liste des gestes financés : elle relève des certificats d’économies d’énergie, ou d’une rénovation d’ampleur si elle s’inscrit dans un projet global.
Côté CEE, le Coup de pouce Chauffage bonifie fortement le remplacement d’une chaudière au charbon, au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air/eau. Depuis le 1er janvier 2026, les montants minimaux en euros n’existent plus : la bonification est un multiplicateur de volume de CEE, et le montant réel dépend du cours du CEE et de l’opérateur. Méfiez-vous des primes annoncées au téléphone avant toute visite.
Les performances à vérifier sur le devis
Pour être éligible à MaPrimeRénov’, une pompe à chaleur air/eau doit afficher une efficacité énergétique saisonnière (ETAS) d’au moins 126 % en basse température et 111 % en moyenne et haute température, calculée selon le règlement européen 813/2013.
Ces deux régimes correspondent à la température de l’eau envoyée dans le circuit : 35 °C en basse température, 55 °C en moyenne. Plus cette température est basse, plus la machine est performante. C’est pourquoi un plancher chauffant, ou des radiateurs correctement dimensionnés, change tout dans le résultat final.
L’entretien est une obligation, pas une option
Les systèmes thermodynamiques d’une puissance de 4 à 70 kW — ce qui couvre la quasi-totalité des installations résidentielles — doivent faire l’objet d’un entretien tous les deux ans, le premier intervenant au plus tard deux ans après l’installation. L’attestation d’entretien se conserve deux ans. Au-delà de 70 kW, c’est une inspection tous les cinq ans.
Le bruit : ce que dit vraiment la loi
Contrairement à ce qu’on lit souvent, aucun seuil chiffré ne s’applique à l’unité extérieure d’un particulier. Le code de la santé publique interdit les bruits qui, par leur durée, leur répétition ou leur intensité, portent atteinte à la tranquillité du voisinage. Les seuils d’émergence de 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit visent les bruits d’activités : ils servent de repère au juge, pas de règle automatique.
En pratique, tout se joue à la pose : emplacement éloigné des fenêtres du voisin, support anti-vibratile, orientation du ventilateur.
Et la chaudière gaz, dans tout ça ?
Depuis le 1er juillet 2022, tout équipement de chauffage installé doit respecter un plafond de 300 gCO₂ par kWh. Le fioul et le charbon sont de fait exclus ; le gaz, lui, reste sous ce seuil et n’est pas interdit dans un logement existant. En revanche, une rénovation d’ampleur en maison individuelle impose de ne plus conserver de chauffage ni d’eau chaude au gaz ou au fioul.
Ce qu’il faut retenir
- Air/eau : chauffage central et eau chaude, éligible à MaPrimeRénov’ (3 000 à 5 000 €).
- Air/air : climatisation réversible, hors parcours par geste, finançable par les CEE.
- Exigence MaPrimeRénov’ : ETAS ≥ 126 % en basse température, ≥ 111 % en moyenne et haute.
- Entretien obligatoire tous les deux ans entre 4 et 70 kW.
- Aucun seuil de bruit chiffré pour un particulier : c’est la gêne réelle du voisinage qui compte.
SourcesArrêté du 17 novembre 2020 modifié — Légifrance — legifrance.gouv.frDécret n° 2020-912 (entretien) — Légifrance — legifrance.gouv.frEntretien et inspection des systèmes — ministère de la Transition écologique — ecologie.gouv.frCoup de pouce Chauffage — ministère de la Transition écologique — ecologie.gouv.frArticle informatif, à jour au 1er octobre 2026. Les barèmes et les règles évoluent : votre situation est vérifiée lors de l’étude gratuite.